Un nouveau paradigme

Qui est le consommateur aujourd’hui ?
En mutation permanente, parfois utilisateur, parfois acteur, capable de produire du contenu, de faire et défaire les marques à son gré. Son « temps de cerveau humain disponible » se disperse et devient plus délicat à capter.

Comment s’adresser à lui ?
Pour exister et prendre une part dans sa vie, il faut élaborer une stratégie de contact, construire un « écosystème de marque ».
Le marché a aujourd’hui besoin de spécialistes du sur-mesure, capable de modéliser le comportement : des artisans du « plan de contact ».
Et que trouve-t on aujourd’hui pour l’essentiel ? … du moins en France ?
Des industriels de l’achat d’espace, habitués à sa gaver sans trop réfléchir.
Copier/coller les slides d’un client à l’autre, négocier des coûts et proposer le moins cher.
En présentation, expliquer que le moins cher est aussi le mieux.
Gagner la confiance de l’annonceur, ou plutôt celle de son carnet de chèque.

Pour lui dire quoi ?
Avant, on rédigeait un message publicitaire. Certains messages étaient suffisamment forts et devenaient des histoires, voire des sagas.
Aujourd’hui, les techniques et les codes narratifs de la littérature, de la photographie ou du cinéma ne suffisent plus.
La technologie a donné un pouvoir au consommateur qu’il n’avait pas jusqu’ici : celui de se hisser au même niveau, de créer « sa » paire de basket sur NikeID et la diffuser sur Time Square.
Le digital nous fait passer dans l’ère de « l’expérience de marque ».
Pour illustrer le gap, quel publicitaire pourrait aujourd’hui donner une définition au mot « haptique » ?

De quoi vous donner envier de revenir sur ce blog, en voici la définition :

Il est classique de différencier deux types de perception tactile manuelle (Hatwell, Streri, & Gentaz, 2000) : la perception cutanée et la perception haptique. La perception cutanée ou passive résulte de la stimulation d’une partie de la peau alors que le segment corporel qui la porte est totalement immobile. Tel est le cas lorsque le dos de la main repose sur une table et qu’un objet pointu est déplacé sur sa paume. Dans ce cas, comme seule la couche superficielle de la peau est soumise à des déformations mécaniques, le traitement perceptif ne concerne que les informations cutanées liées au stimulus appliqué sur la main. Ce type de perception n’impliquant pas de mouvements d’exploration ne sera pas abordé ici. La perception tactilo-kinesthésique ou haptique (terme introduit en psychologie par Revesz, 1934, 1950) ou active résulte de la stimulation de la peau résultant des mouvements actifs d’exploration de la main entrant en contact avec des objets. C’est ce qui se produit quand, par exemple, la main et les doigts suivent le contour d’un objet pour en apprécier la forme.
Source wikipedia.

Pourtant, l’haptique fait partie de ces sciences inventées au début du 20ème siècle et qui vont bouleverser le 21ème siècle
L’haptique a fait de l’iPod ce qu’il est aujourd’hui : une interface de marque.

Comment puis-je être sur qu’il m’écoute ?
La dernière problématique et non la moindre, celle de l’affinité qui va rendre le consommateur réceptif, enclin à partager cette expérience qu’on lui propose.
Petite parenthèse pour commencer, le renouveau d’Internet depuis 2 ans n’est pas l’œuvre des annonceurs mais celle de pures-players tous plus visionnaires les uns que les autres :
MySpace, Facebook, Digg, Twitter, YouTube…
Ces outils comblent ou créent des besoins dans la sphère du social : dire qui je suis, ce que j’aime, ce que je fais, diffuser ma créativité au plus grand nombre. La pudeur n’a plus lieu d’être, place à l’exhibition et au voyeurisme.
Sans doute l’évolution la plus étonnante : il faut s’exposer pour exister !
Pour être representée dans ce nouveau paysage, la marque est réduite à suivre les mêmes règles que tout le monde : dire qui elle est, honnêtement, marketer sa présence plus humainement que jamais, produire du contenu, le publier sur son site mais aussi un peu partout sur Internet, publier ses vidéos sur YouTube…
A la différence du quidam moyen, elle peut se payer une présence en display ou en search. Autant en profiter !
Sauf que l’argent ne suffit pas, il faut être créatif ! Plus créatif que jamais pour faire son trou !

La boucle est bouclée.

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