2008, une année charnière pour les agences
Je suis dans le monde des agences depuis seulement 8 ans, donc difficile d’être réellement objectif.
Il me semble que, par le passé, la pierre angulaire de ce métier était la création, le concept, l’idée.
Le commercial effectuait un accompagnement somme toute assez simple. Peu de place pour l’innovation, il s’agissait alors surtout de postrationnaliser l’idée, appliquer un raisonnement qui s’apparente à de la justification.
Et puis sans compter que c’est la création qui faisait “bander” le client. Pour le reste, le marketing et la communication correspondait à des pratiques établies et éprouvées.
Aujourd’hui, en tout cas dans les shops digitaux, la création se raisonne au travers de la technologie et de l’interaction.
On ne parle plus seulement d’artistique, on parle d’ergonomie, d’architecture de l’info, de langage informatique.
Dans mon agence il y a même un IT Creative Director : inutile de vous faire un dessin.
Et puis, moi-même, j’ai l’impression que l’importance de l’accompagnement stratégique prend une place essentielle depuis environ 1 an.
Les clients prennent du plaisir à innover, embrasser les codes du marketing modèle du 21ème siècle.
En tant que commerciaux, nous parvenons à les faire “bander” comme un créatif dans la pub des années 80.
Dès lors, l’agence ne se contente plus d’interventions tactiques…
Une petite citation trouvée sur un blog que je ne connaissais pas jusqu’à il y a peu, et qui illustre bien cette idée :
The definition of an agency these days is about working hard. It needs to evolve to one of working smart, not just hard. The definition of the agency needs to evolve to a true marketing services firm, not a tactical execution firm; anyone can execute. Anyone can “do,” but it takes intelligence to lead. The Agency of the Year should be the best example of a company that is trying a slightly new model and making it work for its clients.
Le reste de l’article vaut le coup.
Un avis là-dessus ?






Perso, je pense que l'idée est toujours au centre du
LaurentPerso, je pense que l’idée est toujours au centre du dispositif mais effectivement elle ne suffit plus à résumer le dispositif complet qui va autour. Si avant, les médias classiques suffisaient amplement à assurer la visibilité d’une campagne, il faut bien remarquer que désormais de nombreux canaux below the line interviennent eux aussi pour toucher les gens au plus près de leurs lieux et de leurs habitudes de vie.
En plus, tout change tellement vite que les gens et notamment les clients sont vite perdus. C’est pourquoi, il faut effectivement évangéliser et accompagner les clients et les internautes. La pub n’est plus seulement une affaire de créatifs, elle est devenue un métier d’expert qui doit être à l’écoute des dernières innovations et des dernières tendances. Et cela ne vaut pas uniquement pour les métiers du web.
Bientôt, j’espère qu’on pourra enfin bosser sur de vrais opés à 360 qui combineront tous les canaux pour toucher au mieux les différents publics concernés.
Ps : pas vraiment d’accord pour dire que le conseil et la stratégie sont au coeur des préoccupations des agences depuis seulement un an. J’ose espérer que ces dernières travaillaient déjà comme ça avant.
Merci pour ton commentaire. Evidemment qu'elles travaillaient déjà comme ça avant,
BranislavMerci pour ton commentaire.
Evidemment qu’elles travaillaient déjà comme ça avant, mais je pense que la couche strat nécessitait beaucoup moins de “créativité” au sens large du terme.
On passe d'une culture de la création, avec comme canal
Nicolas SchriverOn passe d’une culture de la création, avec comme canal phare la publicité télévisée, à une culture de la rationalisation, ou de la donnée, avec comme canal le mot clé.
Au départ les agences étaient basées et jugées par rapport à leurs capacités à créer, à innover dans le discours et dans la qualité graphique. On avait affaire à des artistes
Aujourd’hui, on a une culture d’ingénieurs, qui cherche l’efficacité, et les données analytiques.
Bien sûr c’est un schéma: les capacités offertes par l’Internet en terme de créativité sont importantes, notamment par la multiplicité des médias (l’écrit, le son, la vidéo, l’interaction). Mais il n’en reste pas moins qu’avec l’arrivée de l’Internet, on se tourne vers une culture de la donnée, donc bien sûr, plus de rationalisation.
De la publicité on est passé au buzz 360° pour
GalienniDe la publicité on est passé au buzz 360° pour faire raccourci. Aujourd’hui, perso je crois à un nouveau modèle post-buzz : émerger du brouhaha en créant davantage de sens dans la relation unique qu’entretient un consommateur avec un produit. Après on appelle ça du “point de contacts”, du service, de la fidélisation, de la prescription, de la publicité. Tout jeune directeur d’agence, plutôt orienté sur le secteur luxe & nouveau média je crois particulièrement au “Story telling” ou l’idée incarnée. En somme, je pense que nous allons rentrer dans ère du marketing invisible (et donc non considéré comme agressif et stressant). En esperant avoir contribué à la reflexion…
@Laurent Je te cite "Ps : pas vraiment d’accord pour dire
Branislav@Laurent
Je te cite “Ps : pas vraiment d’accord pour dire que le conseil et la stratégie sont au coeur des préoccupations des agences depuis seulement un an. J’ose espérer que ces dernières travaillaient déjà comme ça avant.”
Je persiste dans l’idée que c’est loin d’être évident meme si j’y vais un peu fort, je m’en rends compte en me relisant.
@Nicolas
La culture de la création est toujours omniprésente car la création est émotionnelle. Le rationnel ne pourrait jamais être central.
Je pense que tu y vas un peu fort
@Galienni
D’accord dans l’ensemble même si le mot buzz utilisé à outrance dans l’hexagone est devenu galvaudé et ne veut plus rien dire.
Ca arrange les pubards de penser qu’il suffit de matraquer leur message en “mode buzz” pour montrer qu’ils ont compris le digital.
Ils sont tellement loin de la réalité…